**Chapitre 69 : Onyx, une terreur ?**
Je me réveillai avec un steak emballé posé sur ma poitrine, ce n’était pas le réveil le plus étrange que j’aie jamais eu, mais il figurait dans le top. En regardant à ma droite, la coupable présumée, Orchid, me fixait avec un sourire radieux. « Bonjour mon amour, Orchid t’a trouvé à manger. » Je pouvais voir qu’Orchid était fière de subvenir à mes besoins dans cet environnement alien qu’était le vaisseau de Ronnie.
D’habitude, elle m’apportait simplement un morceau de biltong, un mélange de viande mystère provenant de créatures inconnues, et je grignotais ça. Cela me fit supposer qu’elle avait eu de l’aide pour trouver les réserves de nourriture ici.
Décidant de la laisser savourer son petit succès, je la saluai. « Bonjour ma petite pourvoyeuse, merci d’avoir mis le steak dans un sac sur ma poitrine, c’est tout à fait normal de le placer là. » Orchid ne détecta pas mon sarcasme et arborait un large sourire, ravie d’avoir bien fait son travail.
Décidant d’ignorer son comportement mignon jusqu’à ce que j’aie mangé, je partis à la recherche de l’espace cuisine. En arrivant à ce que je supposais être la cuisine, je fus perplexe et appelai. « Hé, Ronnie, peux-tu venir une seconde ? » Avant même que je n’aie fini ma phrase, j’entendis des pas courir vers moi.
Il se présenta dans l’embrasure de la porte avec empressement, ses cheveux à moitié ébouriffés tandis que l’autre moitié était peignée, comme s’il s’était arrêté net en entendant mon appel. « As-tu besoin de quelque chose, fa-Apollo ? » demanda Ronnie avec enthousiasme.
« Ouais, ce n’est rien d’important, je veux juste cuire ce steak, mais comme ton vaisseau a probablement une règle interdisant le feu, je me demandais comment faire. » Ronnie sembla un peu déçu que sa tâche ne soit pas plus extravagante, mais cela ne l’empêcha pas d’aider son Père de son mieux. « Ah oui, est-ce ta première fois dans un vaisseau vassal des Spartari ? Cela expliquerait, suis-moi. »
Après l’avoir suivi sur deux mètres, il s’arrêta devant un mur et ouvrit une étagère métallique. Tendant la main pour demander, je lui remis ma nourriture. Retourant l’emballage pour lire l’arrière une seconde, Ronnie plaça ensuite le steak dans le plateau et referma le tiroir.
« Le vaisseau utilise des micro-ondes très puissants pour cuire la nourriture dans le plateau, clique sur le bouton bleu à ta gauche, puis sur le vert deux fois. »
Suivant les instructions de Ronnie, je fis comme il me l’avait demandé et, après trente secondes d’attente, le plateau jaillit du mur tout seul avec mon steak cuit dans son sac. Prenant ledit sac sans me soucier de la chaleur, je l’ouvris et pris une bouchée. « Mmmh, c’est bon, *gulp* merci Ronnie. » Ronnie s’inclina maladroitement en réponse à mes remerciements et quitta la pièce pour me laisser profiter de mon repas.
Une fois Ronnie de retour dans le cockpit et assis dans son fauteuil, il poussa un soupir de soulagement pour ne rien avoir gâché. « Pourquoi es-tu si tendu, Ronnie ? » Une voix féminine monotone retentit sur sa gauche, le faisant sursauter de frayeur. En regardant la source de la voix, il n’y avait personne. Il savait qu’il n’était pas fou et que quelqu’un lui avait bien parlé. « Que regardes-tu ? » Cette fois, la voix venait de sa droite.
Glissant la main sous son fauteuil, il attrapa son pistolet laser et s’apprêtait à courir informer Apollo d’un intrus avant que la voix ne se fasse entendre à nouveau. « Oh, détends-toi, petit Ronnie, je ne faisais que te taquiner. » La voix provenait cette fois du fauteuil qu’il venait de quitter.
La propriétaire de la voix s’était rendue visible cette fois, et il vit une femme aux yeux verts et à l’expression cruelle.
Ronnie voulut interroger l’intruse, mais il était paralysé. L’intruse dégageait une aura si mortelle qu’il craignait de périr s’il bougeait. Voyant la réaction de Ronnie, Onyx laissa échapper un sourire terrifiant en se levant et en s’approchant lentement de lui. « Oui ! Cette tête, ce regard. La peur !
Bien que je chérisse mon temps avec mon Apollo et que je ne reviendrai jamais à cette vie d’avant, la peur que ressentait ma proie en chassant sur leurs mondes m’est si familière, si nostalgique, si— »
« Par tout ce qui est Psionique, Onyx ! Pas étonnant que tu aies dit que le gamin avait peur de toi, quelle tête faisais-tu ? Tu as failli me faire me souiller. » dis-je, à moitié en plaisantant.
Onyx, prise sur le fait, fit un virage à 180 degrés dans son attitude. « Ah, chéri, te voilà, ton repas était bon ? » D’un pas sautillant vers moi, elle se blottit dans mes bras et murmura. « Mmmh, chéri, la nuit dernière était incroyable, tu m’as fait me sentir si bien~ »
Ignorant Onyx, je regardai Ronnie, toujours tremblant, et fronçai légèrement les sourcils. Je ne le connaissais que depuis un jour, mais c’était un bon gamin, il n’avait pas besoin d’une harceleuse effrayante qui le tourmentait. « As-tu eu ton compte de plaisir, ma chérie ? Si oui, va embêter Orchid pendant que j’essaie de le sortir de son coma debout. »
Sa tâche accomplie, Onyx donna un rapide baiser sur la joue à Apollo et partit faire ce qu’il lui avait demandé.
En regardant Onyx s’éloigner joyeusement dans le couloir, j’eus le sentiment que j’aurais dû mieux formuler ma phrase, car je ne voulais pas que ces deux-là se disputent à bord de ce vaisseau. Tournant mon attention vers Ronnie, je m’approchai et posai ma main sur son épaule.
Par réflexe, Ronnie tenta de pointer son arme vers moi en revenant à lui, mais je le désarmai facilement avant de le pousser sur son fauteuil. Une fois qu’il réalisa ce qu’il avait fait, il commença à s’excuser abondamment, mais je ne pris pas son geste à cœur, donc ce n’était pas nécessaire.
Après avoir rassemblé ses pensées et repris son souffle, Ronnie demanda. « Qui—qu’était-ce ? » « Cet être était Onyx, une variante génétique de traqueuse du nid, elle est mon manteau et mon bouclier, mais en ce moment, ses émotions sont un peu perturbées par ses capacités psioniques et ses mutations. Je suis désolé qu’elle t’ait effrayé. »
Ronnie écouta attentivement, puis fronça les sourcils. « Elle vient de la famille extérieure ? Mais elle semble si… étrangère ? » Je réfléchis un instant, essayant de trouver une explication simple à sa sensation avant de répondre. « Onyx est différente du reste du nid ou de la famille extérieure, comme tu dis.
Son rôle dans le nid était extrêmement spécial avant de me rencontrer, et pour cette raison, elle ne fait pas partie du cerveau principal du nid, ni du lien psionique. C’est peut-être pour cela qu’elle te semble “étrangère”. »
Malgré sa peur d’elle, Ronnie était fasciné d’en apprendre davantage sur la famille extérieure. Tout ce qu’il savait vraiment de la famille extérieure, c’étaient les informations essentielles que Mère Sophia avait partagées avec le reste de la famille.
« Et cette aura de mort que je sentais émaner d’elle, et le fait qu’elle était invisible, était-ce une capacité psionique ? » Ronnie voulait en savoir plus sur le nid et l’être qui l’avait terrifié. C’était comme une démangeaison dans son esprit, avide d’en apprendre davantage sur son destin.
« Une aura de mort ? » dis-je de manière rhétorique avant de regarder Ronnie avec un sourcil levé. « Hé, Ronnie, j’allais te demander ça un peu plus tard, mais ça tombe bien. Es-tu doué en psionique, par hasard ? » Ronnie hocha la tête en signe d’affirmation. « Ah, cela explique tout. Onyx est une tueuse psionique. C’est sa spécialité principale, derrière son pouvoir psionique.
À moins qu’elle ne veuille que tu la voies, Onyx est considérée comme invisible pour quiconque possède un don psionique. Donc, quand tu as posé les yeux sur sa forme, ton esprit t’a averti que ta mort était devant toi. »
Comprendre sa peur et l’analyser en atténue la sensation, et la peur de Ronnie s’était légèrement dissipée. Il ferait tout son possible pour ne jamais entrer en contact avec ce rappel ambulant de la mort, bien que cela soit totalement hors de son contrôle, car Onyx avait trouvé un nouveau jouet amusant.
S’adossant à son fauteuil et prenant une profonde inspiration, Ronnie me regarda avant d’exprimer. « Merci d’avoir pris le temps de m’expliquer, Apollo. Quelqu’un de ton importance n’a pas à expliquer quoi que ce soit à sa propriété, alors je l’apprécie. »
« Hé, ne t’inquiète pas pour ça. Je suis peut-être le compagnon de la Ruche, mais je suis toujours humain et je comprends les sentiments humains, dans une certaine mesure. Alors ne cherche pas à me déifier ou quoi que ce soit, et traite-moi simplement comme un membre de la famille, car comme tu le dis, c’est ce qu’est la ruche : une grande famille. »
L’esprit de Ronnie se mit à tourner à toute vitesse après ce qu’Apollo venait de dire. Il imagina Apollo menant sa famille à travers l’univers, convertissant des planètes entières en une famille toujours plus grande et dévorant d’autres pour sustenter cette famille en expansion. Ronnie était de plus en plus excité à l’idée que son Père, Apollo, ne serait pas seulement le sien et celui de sa famille, mais le Père de l’univers tout entier.