Chapitre 190 : Tu es hétéro, quelle honte !
En entrant dans la chambre d’amis, Kathrine était maintenant assise, adossée à la tête de lit. En me dirigeant vers elle, je commençai à parler.
— Désolé pour l’attente, Kat, j’ai eu une drôle d’aventure près du frigo.
En disant cela, je lui tendis la boisson bleue, et elle se mit à l’avaler d’un trait comme si elle avait été perdue dans un désert.
Après avoir tout bu, Kathrine lâcha un soupir de soulagement avant de baisser les yeux vers sa poitrine et de réaliser qu’elle en avait renversé une bonne partie.
— Oups, quelle impolitesse de ma part.
Elle leva alors les yeux vers moi avec un sourire malicieux et dit :
— Je ne peux pas t’accueillir toute collante de cette boisson bleue, alors pourquoi ne viens-tu pas me rejoindre sous la douche pour m’aider à me nettoyer ?
Son antienne me fit glousser avant que je ne réponde :
— Mmmh, ce serait un bien joli jeu matinal, je l’admets, mais je dois sortir bientôt, alors je ne peux pas. Je suis passé ce matin parce que Keyla m’a dit que tu avais quelque chose à me dire ?
Kathrine me regarda un instant, perplexe, cherchant à comprendre ce que je voulais dire. Il lui fallut un moment avant que ses yeux ne s’écarquillent, réalisant.
— Merde ! Je viens de dire ça juste pour avoir une excuse de le voir !
Heureusement, Kathrine a passé des années à s’entraîner aux changements de situation soudains et aux intrigues de cour. Un petit mensonge inoffensif ne la déstabiliserait pas.
— Kat, ça va ? Tu sembles un peu dans les nuages, veux-tu que je te rapporte une autre boisson ? demandai-je, la faisant sortir de ses pensées.
— Oh, désolée, chéri, juste un petit malaise, ça va mieux maintenant. Alors, la raison pour laquelle je voulais te parler, c’est à propos de Janine.
— Janine ? demandai-je, confus.
— Oui, chéri, je ne suis pas stupide, je sais qu’elle est une Sepiidan. Et je sais aussi qu’elle est une Sepiidan sans papiers, ce qui en fait une extraterrestre illégale.
Je fus surpris par cette affirmation de Kathrine et la laissai continuer.
— Alors, ce que je te propose, c’est que je lui forge des documents comme je l’ai fait pour toi, et que je la fasse devenir ta Sepiidan pour le service militaire. Qu’en penses-tu ?
Je fronçai les sourcils face à cette formulation. Je n’aime pas vraiment l’idée de posséder une autre personne, mais en même temps, c’est techniquement ce que fait la secte : asservir des humains et d’autres espèces avec leurs parasites…
— Je ne suis pas sûr. Il faudrait d’abord que je demande le consentement de Janine. Pourquoi ne pas préparer les documents et me les apporter la prochaine fois que tu verras Sophia, d’accord ? En échange, je suis sûr qu’on pourrait échanger des services à nouveau.
Les yeux de Kathrine s’écarquillèrent légèrement, comme si elle avait obtenu exactement ce qu’elle voulait de cette conversation.
— Bien sûr, beau gosse, ne t’inquiète pas. Maintenant, ne laisse pas cette vieille femme te retenir plus longtemps, va faire ce que tu as à faire. On se revoit dans quelques jours, d’accord ?
Elle fit alors la moue, et je me sentis obligé de répondre à son geste d’un baiser.
Ce ne fut qu’un petit bisou, mais alors que Kathrine me regardait quitter la pièce, cela lui donna l’impression d’un regain de vitalité. Une fois Apollo complètement parti, Kathrine glissa la main sous son lit et en sortit le sac à main. Elle était debout maintenant. Autant se faire plaisir en se masturbant tout en sentant son divin parfum.
…
Après avoir quitté la chambre d’amis et avoir de nouveau croisé Willow dans un échange gênant où elle m’avait fait un clin d’œil comme si elle avait le syndrome de Tourette, je montai jusqu’à la chambre de Janine et sortis de l’ascenseur.
Janine était assise dans le salon, en train de regarder la télévision. Elle mangeait quelque chose dans un bol tout en portant un T-shirt trop grand pour elle. D’ailleurs, ce T-shirt me semblait familier.
— Bonjour, Janine. Où as-tu eu l’un de mes T-shirts ? demandai-je en m’approchant. En arrivant près d’elle, je réalisai qu’il s’agissait de l’un des premiers que Ronnie m’avait offerts en venant ici.
Janine, qui portait ce T-shirt comme une robe courte, sourit en disant :
— Bonjour, Apollo. Où j’ai eu ce T-shirt ? Tu me l’as donné sur Thanatos, tu te souviens ?
Je ne m’en souvenais en effet pas, mais ce n’était pas bien grave, et après tout, ce n’était qu’un vieux T-shirt.
Je m’assis alors sur le canapé à côté d’elle, et elle se repositionna pour utiliser ma cuisse comme un grand coussin sur lequel s’appuyer. Alors que nous regardions ce qui semblait être une émission pour enfants sur l’importance de tuer les extraterrestres avant de poser des questions, je demandai à Janine :
— Alors, comment s’est passée ta soirée ? Apparemment, le nombre total de personnes que je connais a décidé de se saouler ensemble ?
Le visage de Janine se transforma en un sourire radieux alors qu’elle disait :
— La meilleure soirée de ma vie !
Son sourire était contagieux, et cela me fit sourire à mon tour en voyant à quel point elle était heureuse.
— Raconte-moi ça.
Je dis cela tout en commençant instinctivement à lui caresser ses luxuriants cheveux argentés. Janine appréciait cette sensation et soupira de soulagement avant de se motiver.
— Alors, écoute bien…
Janine se mit alors à me raconter toute sa journée d’hier. Elle commença par son shopping avec Keyla et Onyx, et comment, une fois rentrées, Onyx avait proposé une soirée entre filles. Janine ne leur avait pas dit, mais elle s’était sentie honorée d’être « l’une des filles », car elle n’avait jamais vraiment eu cette opportunité dans sa vie.
Une fois au club, Janine s’était changée en une belle robe et s’était sentie spéciale, car elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle avait porté quelque chose d’aussi joli. Elle m’expliqua comment Samantha avait rejoint le petit groupe un moment, et qu’elles étaient bien parties dans l’alcool quand Kathrine était arrivée avec Willow et Rhea.
Janine me dit ensuite qu’elle avait été choquée quand Kathrine lui avait révélé qu’elle savait depuis le début que Janine était une Sepiidan. Janine ajouta aussi qu’après que Kathrine se soit excusée d’avoir utilisé des noms méchants à son encontre, elle avait réussi à lui toucher les fesses avec le côté de son visage.
Janine continua en parlant de la sensation incroyable des seins de Kathrine pendant dix minutes, oubliant que j’y avais accès régulièrement depuis plus d’un mois. Puis elle poursuivit :
— Oui, donc à ce moment-là, Kathrine et Rhea ont sorti de gros sacs de drogue, et après la première dose, j’ai perdu la notion du temps.
Quelques heures plus tard, j’étais dans un rêve érotique où Kathrine et Rhea dansaient autour de moi. Si j’étais morte à ce moment-là, j’aurais été heureuse. C’est à ce moment-là que Willow et Keyla ont disparu un moment, ainsi qu’Onyx, bien qu’elle soit revenue vingt minutes plus tard.
J’avais une question à poser à ce sujet, mais Janine continua :
— Je ne me souviens pas si ou quand Keyla et Willow sont revenues, car peu après le retour d’Onyx, une femme est venue me voir et m’a demandé si elle pouvait me faire une fellation dans les toilettes, car elle n’avait jamais goûté de Sepiidan auparavant.
Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé après, si ce n’est son visage, dont je me souviendrai toujours du plaisir qu’elle semblait ressentir en me dévorant.
— Oui, je ne pense pas que j’oublierai cette image mentale non plus, dis-je en fermant les yeux et en croisant les jambes de manière évidente avant de placer mes mains au-dessus de mon entrejambe.
Janine remarqua cela et posa discrètement son bol à côté d’elle avant de bondir soudainement.
Elle écarta mes mains de mon bas-ventre et s’exclama :
— Je n’arrive pas à croire que tu bandes après que je t’aie raconté mon expérience, pervers que tu es, hein ?
Quand Janine baissa les yeux et réalisa que je n’avais en fait pas de bosse dans mon pantalon, un sourire malicieux se dessina sur son visage, et je la taquinai :
— Wow, tu voulais encore jeter un œil à mon mât ? Tu es tellement hétéro que c’est embarrassant. Tu n’as pas besoin de m’attaquer pour ça, tu sais ? Je peux te le montrer.
En commençant à déboucler mon pantalon, Janine éclata de rire et me donna un coup de poing dans le bras.
— Espèce d’ordure !
Je n’allais pas laisser cette agression contre ma personne sans réagir. J’avais déjà remporté un combat de lutte aujourd’hui, je pouvais bien commencer une série et en remporter un deuxième ! Je la repoussai alors de l’autre côté du canapé, et nous commençâmes à nous bagarrer de manière ludique, contrairement à ce que j’avais fait avec Onyx plus tôt, pendant dix minutes, jusqu’à ce qu’elle me donne accidentellement un coup de coude dans les parties.
Ce fut le tournant, et je décidai d’utiliser mon coup de grâce.
Le crayon.
Tendant la main vers la table basse, Janine y avait laissé un crayon plus tôt. Je l’utilisai alors avec ma gyrokynésie tout en la maintenant clouée au sol, et plaçai le crayon sur sa poitrine avec juste assez de poids pour l’immobiliser sans la blesser.
Une fois debout, je m’allongeai sur le canapé sur le ventre et la regardai en bas alors qu’elle essayait et luttait pour se relever à cause du crayon lourd.
— Ah, tu es vraiment une ordure ! Tu es un salaud ! Un mage spatial tricheur ! Quand tu enlèveras ça plus tard, je te botterai le cul ! s’exclama Janine en me regardant avec colère.
Je fis alors une mine faussement attristée et dis :
— Oh, désolé, je ne savais pas que tu me considérais si peu. Et dire que ce salaud, ce mage spatial tricheur allait vérifier s’il pouvait t’éveiller psychiquement après ça… Bon, eh bien, je vais y aller…
Les cris et les résistances de Janine s’arrêtèrent net alors qu’elle me regardait avec de grands yeux ronds. Je la fixai en attendant quelque chose, et elle comprit l’allusion.
— Apollo, est-ce que je t’ai déjà dit à quel point tu es beau, incroyable, et à quel point je t’aime tellementooo~ ? dit Janine d’une voix douce.
Je baissai les yeux vers la femme bleue qui portait mon T-shirt et avait un crayon coincé entre ses seins, et souris avec suffisance avant de placer mes mains sous mon menton avant de dire :
— Plus.